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La Romance du Vin à la télé
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Je
suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l'Art !... Émile
Nelligan (La romance du vin -1899) Généalogie
d'une tradition plusieurs fois centenaire
Ce
sont les Romains qui plantèrent les premières vignes dans la région
de Mediolanum Santonum, ancienne ville romaine maintenant appelée Saintes
dans la Charente-Maritime française, probablement en l'an 19 de notre Ère
par Caius Julius Rufus.
Au
XIIe siècle un grand vignoble fut crée autours de La Rochelle. Le
trafic maritime prospérant, ces vignobles s'étendirent
vers l'intérieur du pays, notamment vers Cognac.
Pour
éviter que les longs voyages en mer n'altèrent la qualité
de leur vins, les marchands, essentiellement anglais et hollandais, commencèrent
à distiller ces vins. Ce Brandewijn sera l'ancêtre du Brandy.
Au
XVIIe siècle, les Cognaçais instaurèrent la double distillation,
permettant à un alcool concentré et inaltérable, l'eau-de-vie
de Cognac, de voyager dans des conditions économiques et sures. Cet alcool,
stocké dans des fûts de chêne, prendrait bientôt le nom
de Cognac.
La
région de Cognac était alors en grande partie protestante, avec
une partie de la ville de Saintes, St-Eutrope, peuplée d'immigrants commerçants
d'origine juive. L'édit de Nantes garantissait à cette époque
'la liberté de conscience, une certaine liberté de culte et des
places de sûreté'. La révocation de l'édit de Nantes
le 17 octobre 1685 par Louis XIV, entraîna un climat de guerre de religion entre Protestants et Catholiques, et de nombreux départs de
familles protestantes ou autres vers l'Angleterre, l'Irlande ou la Hollande où
elles s'établirent. Certaines familles, comme celle de mon ancêtre,
choisirent la Nouvelle-France. Bien que mon ancêtre Étienne Jullineau
(Gélineau) ait été, non pas protestant, mais plutôt
un chrétien catholique, il décida, à cause du climat politique et économique, de quitter sa Saintonge natale pour un contrat de trois ans vers la Nouvelle-France, contrat le liant à Pierre Boucher, Sieur de Grosbois. Il quitta le port de Larochelle au mois de mai, avec son fils Jean, dans le Taureau, pour arriver au port de Québec le 6 août 1658.
Treizième génération : Olivier Juillineau marie Louyse
Roger à St-Eutrope de Saintes, France, en 1584. Au cur de la Saintonge,
en Charente-Maritime, pays de l'art roman, du Pineau des Charentes, Olivier Juillineau
aurait probablement cultivé la vigne et fabriqué son vin et son
eau de vie du pays de Cognac :le fameux Cognac.
Douzième
génération : Joseph Juillineau-Gélineau unie sa destinée
à Madeleine Morrison à St-Eutrope de Saintes en 1623.
Onzième
génération : Estienne Gellineau (1624 - 1690) né à St-Eutrophe de Saintes, Charente Maritime, France; épouse, Huguette Robert en 1645. Début officiel de la tradition viticole
de mon ancêtre Juillineau. On trouve dans un contrat daté du 23 mars
1642, un document notarié qui officialise la vente 'd'une vigne' par un
certain Pierre Horry à Étienne Jullineau (Gélineau) apprenti
sargier (sous Maître Mathurin Da Mosen) alors âgé de 18 ans;
l'exécution du jugement est prononcé par le juge de la cour seigneuriale
de St-Eutrope.
Dixième
génération : Jean Gellyna (Gellineau) (1646 (Saintes)- 1717/18 (Yamachiche, Québec)); épouse, Françoise de Charmenil, fille du Roy (1651 – 1727 (Yamachiche)).
Neuvième
génération : Jean-Baptiste Gelinas (Gellyna) dit Bellemare né à Trois-Rivières en Païs de Canada (1669 - 1746); épouse, Jeanne-Marie Boissonneau dite St-Onge (1672 – 1757). Il prend le nom de
famille de Bellemare, pour se différencier de ses deux autres frères, Etienne et Pierre, et, selon la légende ancestrale, parce qu'il se serait établi près d'une belle mare, à Yamachiche : une terre fertile qu'il a défiché à bras et qui se retrouvait souvent les pieds dans l'eau lors des crues printannières du Saint-Laurent. De là la mare d'eau quasi perpétuelle à l'autre bout de sa terre. Il allait souvent à la mare, à la tombée du jour, pour ramener ses vaches, son taureau surtout, et revenait presque toujours couvert de boue après avoir couru après son batinsse de gros boeux qui ne voulait pas toujours rentrer à l'étable avec le troupeau. Ses voisins, en l'apercevant barbouillé d'argile, à presque tous les jours, disaient souvent : Ah! la belle mare!... La belle mare de Ti-Jean!... Et c'est ainsi, car tout le monde au village de désignait comme étant le gars à la belle mare, en rigolant un peu, qu'on s'est mis à l'appeler Belle mare dans tout le compté. Et mon aïeul, ne voulant sûrement pas mélanger les habitants du hameau avec un autre nom de famille encore plus compliqué, le substantif Belle mare lui collant littéralement aux fesses, a décidé de prendre le patonyme de Bellemare. Le plus vieux de ses frères, Etienne, a gardé le nom de Gélinas, le premier né de sexe masculin, selon la tradition, gardait toujours le nom de famille du père, (Gélinas est la déformation 'canadienne' du patronyme
d'origine de mes ancêtres français : Gellineau.) l'autre frère, Pierre, courant presque
aussi vite qu'une jument en chaleur dans une éclaircie, a pris le patronyme de Lacourse et fondé cette branche familiale parente à la nôtre... Tous les Gélinas, Bellemare et Lacourse ont le même ancêtre commun : Jean Gellyna (Gellineau). Ce que je vous rapporte là est la version que mon père m'a souvent racontée,
lorsque j'étais haut comme trois pommes, version qu'il tenait lui-même de son père, Joseph Gros-Pite Bellemare, qui l'avait souvent entendue de son grand-père qui, lui-même, l'avait transmise à la génération suivante après l'avoir entendue du vivant de son arrière-grand-père Bellemare
Huitième
génération : Pierre Gélinas dit Bellemare (1702 - 1778 ) né à Becancour en Païs de Canada (le deuxième enfant à naître à Yamachiche); épouse, Angélique Vacher (1714 -1790).Voyant
que la vigne pousse en liberté, les tonneaux de vin importés de France coûtent une véritable fortune, Pierre s'adonne à la culture
des vitis, possiblement pour fournir le vin nécessaire à la famille, ou à l'eucharistie, quoiqu'il ne fut pas très pratiquant selon l'histoire familiale qu'on m'a transmise...
Septième
Génération : Joseph Bellemare épouse en première
et dernière noce Agathe Blais à Yamachiche en 1765. On se demande
pourquoi les maudits anglais ont possiblement brûlé les champs des aïeux en 1760, politique de la terre brûlée,
alors qu'on s'était rendu presque pacifiquement... Plusieurs s'étaient
réfugiés dans les bois avec les amérindiens,
surtout les amérindiennes, après avoir tout de même tiré un coup de mousquet ou deux
sur des Anglais perdus en forêt, en attendant que ne passe la tempête.
Le gouverneur de Sa majesté impose alors le breuvage national du conquérant :
la bière... pour que les nouveaux immigrants angliches aient quelque chose
de bon à boire. 'Ô! Où sont passés les ceps, sarments meurtris
de mes ancêtres?' L'Histoire ne le dit pas. Mais il y a fort à
parier qu'ils ont bourgeonné l'année suivant le grand dérangement
La
vigne, comme la culture française bien enracinée au Québec,
c'est dur à tuer !
Sixième
génération : Joseph Bellemare se marie à Elisabeth Paquin
à Maskinongé en février 1808 et reçoit, en cadeau de
noce, une cinquantaine de sarments de vignes à raisin bleu teinturier, le
leg de son père. Il renoue avec la tradition familiale et soûle toute
la parenté les soirs de fête avec son gros vin rouge qui tache...
Quelques fois, il est bon de mettre un peu d'eau dans son vin !
Cinquième
génération :,Moïse Bellemare (1820 – 1910 ) né à Maskinongé; épouse, Marie Vermet (1823 - ??). Après l'avoir échappé
belle en 1838 lorsque le tir des anglais avait raté de peu ses parties
privées patriotiques, il prend pour épouse Marie Vermette en février
1846. Aucune mention de viticulture, mais, comme la lignée continue, nous
ne pouvons que remercier les Angliches d'avoir épargné les raisins
de Moïse.
Quatrième
génération : Noé Bellemare (1858 - 1936 ) né à Maskinongé; épouse, Clémentine Villeneuve (??) - C'est la sur du Villeneuve
qui sera l'ancêtre de nos célèbres pilotes de course,
Gilles et Jacques -. Lors de sa fuite après
une veillée de Noce bien arrosée, Noé a une peur bleue lorsque
Clémentine Villeneuve lui prend les rennes du carrosse, parce qu'il avait trop
abusé du bon vin, et pour qu'ils arrivent un peu plus vite à destination :
la chambre nuptiale. Elle négocie la courbe en haut du rang du Bois Blanc
sur un dix cennes, traverse la coulée sur deux roues, et la nuit de noce
est presque compromise, car Noé a eu la peur de sa vie. ' Christie qu'a
conduit vite c'te femme-là
', dira-t-il un jour à son voisin. Dans son
jardin, à St-Justin, comté de Maskinongé, quelques ceps combattent
vaillamment les mauvaises herbes en attendant leur heure de gloire.On en fera de la gelée!
Troisième
génération : Joseph Bellemare (1888 - 1979) né à St-Justin compté de Maskinongé; épouse, Florida Doucet (1888- 1967). Joseph (Gros-Pite) Bellemare, pour le différencier d'un cousin du même nom habitant le même rang, traîne avec lui
quelques sarments de vigne, héritage de ses ancêtres, de même
que quelques kilos de graines à galette de sarrasin
Galette qui fera la
renommé du comté quelques décennies plus tard.
Deuxième
génération : Henri-Paul Bellemare (1925 - ) né à St-Justin; épouse, Carmen Clermont (1937 -1997 ). Henri-Paul Bellemare, mon papa, c'est lui le sculpteur,
marie sa Carmen en 1954 à Montréal, et s'établit sur le Plateau-Mont-Royal.
Il fera plus tard du vin avec son beau-frère Yvon, dans la cave
familiale, à Longueuil. Carmen est souvent fâchée lorsqu'il revient en chancelant
du sous-sol après avoir gaiement siphonné quelques dames-jeannes
pour décanter son gros rouge qui tache. Il fallait bien que quelqu'un syphonne
les touries et goûte au vin pour voir s'il était bon. Quand le vin est tiré...
il faut le boire!
La
génération présente : Alain Bellemare (1955- ) né à Montréal, P.Q.; épouse, Rosaria Gargagliano (1957 - ) née à Bône, en Algérie française. Alain Bellemare, (c'est moi) avec son beau-père
Giuseppe, qui est né sur une ferme où l'on cultivait l'olivier
et la vigne, en Sicile, renoue avec la tradition ancestrale de ses ancêtres saintongeois et perfectionne sa propre technique,
au fil des années, et ses talents de vinificateur. Après de nombreux
essais dans diverses régions du Québec, toujours à la recherche
des meilleures conditions climatiques pour ses ceps, il s'établit avec
sa famille à Rigaud, où il plante plusieurs milliers de vignes, et
fonde, avec Rosy, La Romance du Vin, en 1999. Au printemps 2003, il renoue avec
ses aïeux, qui faisaient du Vin de Pays charentais, et plante des cépages
nobles : Chardonnay, Riesling, Sauvignon Blanc, Cabernet Franc et Pinot Noir. Au printemps
2008, après une kyrielle de rebondissements et d'épreuves agri-gouverne-mentales
loufoques, il est prêt à vendre ses premières bouteilles
de vin de Nouvelle-France au peuple du Québec qui a grand soif. Plus de quatre cents années se sont écoulées
depuis St-Eutrope de Saintes
Mais la tradition reste toujours vivante... Venez la goûter quand il vous
plaira à notre chai, car vous ne nous trouverez pas dans les succursales de la Régie (SAQ)!
Tu es né d'une race fière, béni soit ton vignoble, Ô! Québécois

59,35 ARPENTS, la romance d'un vin, par Alain Bellemare, relate l'histoire d'un retour à la terre, d'un enracinent, d'une implantation, comme on plante des cépages pour en tirer éventuellement de bons crus.
En vers et contre tous, contre l’Histoire avec sa grande H, contre les fonctionnaires et les chicanes de clôture, c’est une histoire banale en fait, qui va de la quête des origines aux problèmes avec la fosse septique. Une histoire de courage au quotidien, de vertes espérances et qui donne des fruits...
Si vous dérirez géguster nos vins...
Nous avons une terrasse qui peut accomoder 24 personnes;
emportez votre lunch en été et sélectionnez parmi nos vins celui qui accompagnera votre repas.
Visite guidée si le temps le permet...
Où trouver nos produits:
À notre chai toute l'année.
La Maison des Vins au Marché des Saveurs,
Marché Jean-Talon, à Montréal.
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